Patrimoine architectural religieux

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Méthodologie et présentation

Malgré les ravages du temps, les guerres, les révolutions ou simplement les travaux de voirie voire l’incurie, l’architecture religieuse du Val d‘Entraunes reste d’une extrême richesse et d’une invraisemblable diversité. La quasi totalité des édifices religieux au nord du fleuve Var a appartenu aux abbayes de St-Eusèbe de Saignon et St-Dalmas de Pedone, abbayes qui se répartissent de part et d’autre d’une ligne séparant les diocèses de Nice et le diocèse de Glandèves (1). La plupart des édifices de la haute vallée du Var (à l’exception de Châteauneuf) appartiennent à St-Eusèbe alors qu’à l’est entre la Vésubie et le Cians on trouve les possessions de l’abbaye de Pedone, centrées sur le Val de Blore. Selon le catalogue des actes dressé par E. Sauze nous pouvons dénombrer en Provence orientale jusqu’à 15 édifices religieux ayant dépendu de l’abbaye St-Eusèbe de Saignon entre le XIIe et XIVe. Dix édifices sur quinze sont dans la haute vallée du Var et toutes sont situées à l’écart du littoral.La haute Provence orientale est aux mains de la puissante famille : les Thorame-Castelanne - Glandèves et les Rostaing (les Garac, nom de l’ancêtre commun). Aucun texte ne documente la Haute vallée du Var avant les bulles du milieu du XIIe concernant St-Eusèbe. A la limite rien ne nous permet d’affirmer que ce sont les Garac qui la détiennent, si ce n’est une enquête menée en 1285, qui nous apprend que sous Raimond Béranger V (1ère moitié du XIIIe), les seigneurs d’Entraunes et de St-Martin sont Faraud de Thorame et son cousin Geoffroi Balb. Ceci, laisse entendre, qu’à cette époque en tous cas, la haute vallée du Var dépend des Thorame et des Glandèves. Nous pouvons supposer que cet état est plus ancien. Cette présentation se fonde presque essentiellement sur les travaux de Jean-Claude Poteur (2) et Luc Thévenon (3) qui, en suivant une rigoureuse démarche archéologique et historique, ont fait un relevé exhaustif et une étude approfondie du patrimoine existant avec toutes les précautions scientifiques d’usage, prenant appui sur l’exploitation des archives, la consultation des cartulaires, la confrontation des sources et du terrain, l’analyse architecturale, etc...

Elle se fonde aussi sur les recherches approfondies d’Elisabeth Sauze (4) et le remarquable article de Jean-Claude Poteur, Catherine Poteur et Luc Thévenon sur les possessions de l’abbaye St-Eusèbe d’Apt dans la haute vallée du Var, abbaye qui possédait avant le XIVe siècle la quasi-totalité des édifices religieux du val d’Entraunes.
Nous essaierons autant que possible de mettre aussi en ligne tous les articles « historiques » des précurseurs que ce soit Paul Canestrier, Léo Imbert, Alexis Mossa...



Nous avons pris le parti, par souci de clarté, de la présenter en trois sections :

  1. Les églises paroissiales et paroissiales secondaires
    Plantées au cœur du village, souvent au point le plus haut si elle est médiévale ou reconstruite au même endroit si elle a fait l’objet d’un déplacement tardif. Elles rassemblent tous les fidèles (ceux du village et des écarts) pour les grandes fêtes liturgiques.
  2. Les chapelles : chapelles, chapelles de pénitents, chapelles privées, couvents, prieurés et rêveries templières...
    Paul Canestrier (5) en dénombre en 1946 des centaines au cœur du haut pays près de 500 où l’office était encore célébré. Elles illustrent la grande angoisse de la fin du Moyen-Âge et un effort pastoral développé méthodiquement à l’initiative des ordres religieux pour maintenir vivante la foi dans les campagnes. Plus les fidèles ont peur plus ils appellent à leur secours Dieu et les saints. Plus les clercs craignent une baisse ou une dérive de la foi plus ils multiplient les sermons en image.La grande peur du Moyen Âge c’était la mort violente, les épidémies, la guerre endémique, la peste, d’où le succès des saints prophylactiques Saint-Sébastien, St-Roch, Saint-Antoine-l’Ermite... Ces chapelles de campagne, les gens profondément croyants du XVIe les ont construites comme autant de bastions avancés d’une citadelle invisible, afin de détourner du village les fléaux qui répandaient la terreur, notamment la peste, le choléra, la lèpre, les suppôts du diable, les bandits de tout poil (6). Edifices de protection contre les épidémies, les maux venus du dehors (du littoral ?), elles étaient construites près des routes muletières, au long des drailles, aux finages du territoire communal, à l’entrée des villages ou bien à l’endroit où l’on perd de vue le village, avec une prédilection pour les points de passage élevés : ponts, col... elles avaient de multiples usages. Ces chapelles servaient aussi de stations lors des processions notamment aux Rogations (7).Elles pouvaient servir de lieu de pélerinage (St-Barnabé), d’abri temporaire voire de refuge. C’est la raison pour laquelle ces chapelles ont souvent un porche ouvert avec porte à claire-voie (muni de banquettes) avec auvent et grille en bois (St-Sebastien et St-Jean au Cros à Entraunes ) Ces chapelles abritent des peintures murales parfois des retables (Lieuche, Roubion, St-Etienne -de-Tinée) ou simplement des décorations. La plupart sont rectangulaires et ont un chevet plat (sauf les plus anciennes qui ont une abside en cul de four).
    3. Les oratoires

Pour chaque commune, nous suivrons ce plan et nous signalerons les édifices des hameaux dépendants de la commune :
— Estenc pour la commune d’Entraunes
— Enaux ou Bante pour la commune de Villeneuve d’Entraunes
— Sussis pour la commune de St-Martin.
— Les Tourrès pour Châteauneuf d'Entraunes

Nous vous signalerons les informations (8) les plus importantes concernant ce patrimoine en vous communiquant pour chaque édifice les données issues de l’inventaire réalisé par la Direction des actions culturelles et des musées du Conseil Général des Alpes Maritimes et des travaux de Luc Thévenon , données que nous complèterons par les articles les plus importants et les plus significatifs consacrés à certaines églises ou chapelles.